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Jean-Louis Borloo affiche de grandes ambitions pour le plan de développement des services à la personneLe ministre de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement donne, mardi 14 février, le coup d'envoi de son plan de développement des services à la personne, et affiche pour celui-ci de grandes ambitions.Dans une interview aux Echos, le ministre envisage en effet que cet ensemble de dispositions – et en particulier l'instauration du "chèque emploi service universel" – devrait permettre de créer "au minimum 500 000 emplois supplémentaires en trois ans" et entre un et deux millions d'emplois supplémentaires en France d'ici à 2010. "Le développement du secteur va permettre d'augmenter la reprise d'emploi et contribuer à rétablir les comptes des caisses d'assurance-chômage, d'assurance-maladie et de retraite", assure M. Borloo, qui n'hésite pas à prédire déjà que "le succès sera tel que nous n'échapperons pas à une crise du recrutement". Ce plan a pour objectifs principaux de "rendre l'accès aux services plus simple et moins coûteux", de "promouvoir l'offre et améliorer les conditions d'exercice des métiers de service à la personne", avait indiqué M. Borloo en juin devant le Sénat. Il entend aussi répondre aux défis conjugués de l'allongement de l'espérance de vie, de la féminisation du travail et de l'évolution des modes de vie. Enfin, ce dispositif doit permettre de réduire sensiblement le travail au noir, très fréquent dans ce secteur d'activités. Treize mois de négociations "infructueux"Principale innovation du plan Borloo pour les services à la personne, le chèque emploi service universel (CESU) doit permettre aux particuliers de payer des services effectués à domicile, en simplifiant leurs démarches et en leur procurant des avantages fiscaux. Le CESU peut être utilisé auprès d'organismes agréés prestataires de services à la personne, d'un salarié employé à domicile ou même encore pour la garde d'enfants hors du domicile, quand elle est assurée par une assistante maternelle agréée, des établissements (crèches, jardins d'enfants...) ou des garderies périscolaires. Facile à utiliser, le CESU se veut également incitatif sur le plan fiscal : les particuliers bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu de 50 % des sommes engagées au titre des services à la personne, et il donne le droit à un taux réduit de TVA à 5,5 % pour les prestations de services fournies par des associations et entreprises agréées. Il prend deux formes : le CESU bancaire (qui remplace le chèque emploi-service) qui peut être acheté directement par le particulier employeur auprès d'un établissement bancaire ayant passé une convention avec l'Etat, et le CESU "préfinancé", que les entreprises pourront remettre à leurs salariés dans le cadre de leur politique sociale. Les syndicats sont cependant sceptiques sur le plan proposé par M. Borloo. La CFTC-Santé a dénoncé lundi "l'enlisement" de la négociation de la convention collective couvrant les services à la personne, et déplore que treize mois de négociations sur ce thème se soient révélés "infructueux". Quant aux professionnels du secteur, s'ils sont convaincus que le plan gouvernemental va favoriser leur activité, ils s'inquiètent du problème de la formation. Lors d'une viste de Jean-Louis Borloo dans une enseigne de services à la personne, à Bry-sur-Marne, Bernard Perriot, bénévole de l'association d'entraide Famille rurales dans le Cher, a mis en avant "les problèmes de recrutement" rencontrés dans le secteur : "Nous n'avons pas l'argent pour former l'encadrement", se plaint-il. Autre inquiétude exprimée par un responsable d'association spécialisée dans les services aux personnes âgées : le "problème de ressources des demandeurs". "Les personnes âgées sont prêtes à embaucher, mais souvent, elles ne vivent qu'avec l'APA [allocation personnalisée d'autonomie], et n'en ont pas les moyens", a-t-il fait valoir. Source : www.lemonde.fr |
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