Les sous du CCAS animent le débat

Lors du dernier conseil municipal de Sainte-Marie, d’habitude si calme, le ton est monté. La cause de ce remue-ménage : l’enveloppe de la subvention assignée au centre communal d’action social.

Vendredi soir. La tranquille litanie habituelle des dossiers portés à l’ordre du jour du conseil municipal de Sainte-Marie, où aucune opposition ne siège, a été brisée. La lecture et les votes des treize premiers dossiers n’ont soulevé pratiquement aucune question, encore moins de velléité insurrectionnelle.

Il en a été bien différent pour la quatorzième affaire concernant la subvention du Centre communal d’action sociale (CCAS) au titre de l’année 2006. Le maire, Jean-Louis Lagourgue, demande le vote d’une enveloppe de plus de 2 millions d’euros qui, en s’ajoutant à l’avance votée en décembre 2005 (250 000 euros), porte la subvention totale attribuée au CCAS à 2 270 000 euros.

Une fois la lecture monocorde terminée, en lieu et place du silence de rigueur, une voix chevrotante s’élève. Gilbert Guézelot, adjoint et vice-président de la structure, n’est pas d’accord. “Ce n’est pas normal que la subvention soit votée mi-novembre”. Pire. “Vu les actions nouvelles lancées, mises en place par la volonté du maire comme le chèque-accompagnement ou le portage de repas à domicile, les dépenses ont nettement augmenté en 2006 pour le CCAS. D’un autre côté, il nous faut rembourser à la Ville les salaires du personnel mis à notre disposition comme les professionnels des crèches, soit 1 875 000 euros...”

une rallonge de 80 000 euros

En un mot, les 2 270 000 euros ne suffisent pas. Le directeur, Julien Mallin, enfonce le clou : “Nous avons épuisé la plupart de nos lignes budgétaires à 95 ou 100 %. On a des problèmes de fonctionnement notamment au niveau du secours”. Tous deux demandent une rallonge de 80 000 euros pour finir l’année et préparer le lancement de nouveaux services comme le service à domicile.

Face à eux, s’élève le directeur général des services, Jocelyn Trules : “Le CCAS a bénéficié d’un report de subvention de 2005 et nous avons augmenté le montant de la subvention cette année. C’est un problème de gestion de la trésorerie et non de budget. La mairie donne les moyens suffisants au fonctionnement. D’ailleurs, la Ville ne facture pas l’ensemble des salaires des intervenants...”, s’insurge-t-il.

Dans cet échange, quelques élus tentent timidement de s’immiscer sans succès. Ce sera le maire, visiblement énervé, qui mettra un terme à la discussion. “Il vous faut 80 000 euros supplémentaires. Votons”, lâche-t-il. Finalement le CCAS aura sa rallonge, mais force est de constater que l’altercation a fortement contrarié le premier magistrat. Il sermonne : “Il faut régler ce genre de problèmes en préconseil, ce sont des questions entre services, le conseil n’est pas le lieu pour cela...”

En somme, le débat n’est pas de mise au conseil municipal de Sainte-Marie. Les orientations budgétaires pour 2007, les fondements des projets majeurs de la cité pour l’année à venir, n’ont d’ailleurs soulevé aucune véritable remarque...

Source : www.clicanoo.com