1,3 million de créations d emploi d ici à 2015

Aide à domicile, informaticien, cadre commercial… voilà des métiers où les besoins seront criants dans les huit ans à venir. A tel point que les entreprises pourraient se heurter à des difficultés de recrutement.

« Entre 2005 et 2015, cinq domaines professionnels des services devraient concentrer les créations d’emploi : ce sont les services aux particuliers (400 000), la santé et l’action sociale (308 000), les transports et la logistique (225 000), les métiers administratifs (197 000) et le commerce et la vente (194 000). » Tels sont les pronostics du Centre d’analyse stratégique (CAS) et de la Dares (la direction des études du ministère de l’Emploi) publiés le 3 janvier 2007 dans un rapport intitulé « Les métiers en 2015 ». Cette tertiarisation de l’économie s’accompagnera d’une bipolarisation des qualifications, avec d’un côté des emplois de cadres (comme des informaticiens ou des cadres commerciaux), de l’autre des postes d’employés peu qualifiés (tels les aides à domicile ou les employés de maison).

Des difficultés de recrutement ciblées

Le rapport bat en brèche l’idée optimiste et un peu simpliste selon laquelle le départ en retraite des baby-boomers constituerait la solution miracle au chômage. A long terme, « il n’y aura pas de baisse de la population active, indiquent ses auteurs […]. Il n’y aura pas non plus de pénurie générale de main-d’œuvre et il existera encore des ressources sous-utilisées du côté des chômeurs, des femmes, des jeunes et des seniors ».

Des difficultés de recrutement « pouvant mettre en danger la pérennité de certaines petites entreprises et limiter la croissance des moyennes » pourraient se concentrer sur certains métiers : les ingénieurs techniques, informaticiens et chercheurs, les transporteurs routiers, les aides à domicile, les agents d’entretien ou encore les professionnels de la santé et de l’action sociale ou ceux de l’hôtellerie.

Dans ces secteurs tendus, la diversification des profils de recrutement s’imposerait aux employeurs pour pallier le manque de candidats. Ils ne disposeraient plus de la possibilité de faire la fine bouche ou d’embaucher des jeunes surdiplômés pour les postes à pourvoir.

L’augmentation de la mobilité professionnelle, interne ou externe, permettrait également une meilleure rencontre entre l’offre et la demande. Mais encore faudrait-il que les personnes les moins qualifiées soient « susceptibles de s’inscrire dans une telle dynamique ». Ce qui paraît beaucoup moins évident que pour l’encadrement.

Plus généralement, l’étude préconise un accompagnement des entreprises, et « notamment des PME », pour les aider à anticiper leurs besoins et à faire face aux nouveaux enjeux. Parmi les pistes évoquées : l’aide à l’«  émergence de groupements d’employeurs » pour un partage des compétences, et surtout, l’«  amélioration des conditions de travail » des salariés, pour les retenir dans les branches professionnelles en tension.

Source : www.lentreprise.com